Les glaces flottent sous nos têtes. Les ombres de l'aurore grandissent ta peau nette. Je cherche le vide où tu n'existes pas. Dedans est trop plein de toi. Je remue les gouttes d'encre marine et bleue, le courant ne peut comprendre une telle présence.
Tu as le regard clair, je t'entraîne dans mon lit, un chemin sans repère. Juste des mots écrits à la bouche pleine du fleuve. Cela coule ruisseau, torrent.... La lune décline les heures sur nos mains, les doigts accrochent quelques étoiles juste pour éclairer l'ombre insupportable.
Dans nos gorges les mots se décomposent, se découpent, mille mots et on n'aura même pas dit le pourquoi de cette vie.
Le bleu m'enivre encore, je ne sais qui a tiré le premier, je reste collé à l'air, les bouteilles vides contre les rails. Tu as déjà vu la scène, les portes qui s'ouvrent tu arrives, le regard clair, ton sac à l'épaule, l'automne et ses mystères, je foule le sang de la terre.
C'est tout, le temps. Ça parle du désir, un parcours, le trajet en toi et au-delà, toujours au-delà, au loin. J'écoute une mélodie qui me traverse comme un courant impétueux dans chaque creux cavité il creuse jusqu'à l'âme.
Impossible est l'absence qui creuse ses profonds sillons dans le ventre.
Texte©Dhimwoe
Photo©L.C.