Les rues froides et tristes parcourues d'un brouillard épais me laisse deviner quelques ruissellements de méchanceté et de stupre au-dessus de la fiente des caniveaux. Une odeur de marron chaud de poisson froid et avarié défoule les narines du passant épuisé. Depuis une fenêtre située à trois mètres de hauteur, j'entend la voix suave d'une femme inconnue. Les pneus ici bas crissent, les bus passent et se suivent en fil à des heures approximatives et de fait, non régulières. Le pavé luit et est frappé en cadence par les pas lourds des agents en tenue grise et au visage inhumain.. Les rires ont disparus à jamais et dans un tourbillon de folie les derniers clowns se pendent au bout d'élastiques synthétiques. Ecrasés au plafond sans motifs, ni raison, ils cachent dans leurs mains des papiers froissés, recouvert de mots drôles et innocents. Avec des têtes grosses comme des choux, dessous les plafonds pendouillent ces salopettes bigarrées.