Les tabous flottent sur nos têtes. Les ombres du soir grandissent ta peau nue. Je cherche le vide où tu n'existes pas. Je traverse les forêts les champs et ne peux effacer une telle présence. Je parle à la fille au regard clair, l'entraîne dans mon désert. Juste des mots écrits là, la tête pleine de terreur, après un chemin sans repères. Et puis plus bas, quelque chose coule ruisseau, torrent ... La lune décline les heures sur nos mains, les doigts accrochent quelques étoiles juste pour éclairer l'ombre impalpable. Orages lourds de temps d'errances dans les détours d'un passage d'enfance. Des couleurs de ton imaginaire me renvoient dans ta nuit. Dors, pas trop loin du feu, les yeux clos, le dos rond dans un recoin où ton corps s'efface l'ignorance. La guerre en dedans, des courants d'eaux glacées nous emportent loin de tout caprice. Un serpent aux écailles d'argent se déroule dans les veines de tes cuisses avant de rentrer dans un mur factice. Dans nos gorges les mots se décomposent, se découpent, saignent mille mots et tu n'auras même pas dit le pourquoi de cette vie.
Je garde la lettre, les dessins dans le creux d'un arbre. Partout on tue, lapide, assassine et pourtant la vie continue. J'écoute les silences, la musique intérieure, je garde en dedans les temps de sable. Pan ! Je ne sais qui a tiré le premier, je reste collé à l'air, les crânes vides contre les voliges. Scène jaune déjà vue, les grilles s'ouvrent la fille au regard clair arrive son sac à l'épaule, lui débarque par la porte de verre. Dans sa chute, elle se brise. Plus d'écran, plus de frontières, les mains se touchent et les mots sans paroles naissent spontanément
Après tout ce temps j'éprouve les mêmes sentiments.