L'âme triste est pareille au noir ciel de la nuit. Quand l'astre qui sommeil, de la voûte vermeille a fait tomber le bruit. Plus pur et plus sonore, on y voit sur ses pas mille étoiles éclore. Qu'à l'éclatante aurore on y soupçonnait pas ! Des îles de lumières plus brillantes qu'ici, et des mondes derrière, et des flots de poussières. Qui son monde aussi ! On entend dans l'espace les choeurs mystérieux ou du ciel qui rend grâce, ou de l'esprit qui dépasse ou de l'homme croyant ! Et pures étincelles de nos âmes de feu, les invocations mortelles sur les brûlantes élytres nous soulèvent un peu ! Souffrance qui m'inonde, coule donc de mes yeux, coule comme cette onde où la terre féconde. Voit un présent des cieux ! Et n'accuse point l'heure qui te ramène à la belle déesse ! Soit qu'il naisse ou qu'il meurt, il faut que l'homme pleure. Ou l'exil ou l'adieu !
1998.