• Ours blanc


    Tu m'as tué encore une fois et martelé dans tes enfers, je suis étalé et te laisse tirer sur mes derniers verres à pieds. Si j'étais vivant pourrais- je mieux t'aimer ou t'oublier ? Je cours vers toi sans retrouver le fil de mes pensées. Les niveaux défilent, les lumières clignotent. En pleine nuit mes rêves s'effondrent dans la torpeur d'un autre monde sans fin, ni lendemains. Les cordes tiennent en leurs bouts des nœuds coulant ou se baladent négligemment des pendus aux couleurs fluorescentes et blafardes. En cette descente accablante, des tonnes de fois me le suis-je dis ma vie future ne ressemblera pas à celle des parias. J'émerge encore une partie de ma foie, un léger silence irradie la pièce maîtresse.
    A nouveau, je tombe dans l'eau glacée, rien de tel pour se réveiller. Le plus délicat consiste à hurler sous la surface maintenant congelée. Les étoiles m'entourent, ma tête frôle le plafond givré. Vivre sous l'eau, respirer sous la glace, ces mots se profilent à l'horizon intouchable. Je t'imagine en train de les entendre, des bulles de grêles sortent de l'antre muettes. Je reste sans voix, j'ai froid. Je m'en vais plus loin et continu mon chemin jusqu'au parc des lions blonds légèrement endormis, au loin. L'heure de la sieste les a un temps soit peu abrutis. Une poussière de folie draine les trois quarts des félins enchantés, cela parlent à demi voix. Personne n'a le droit de les entendre, ni de les comprendre, ils sont venus de l'eau, d'ici. Le monde aquatique les a vu naître , probablement sur une autre planète.

  • Commentaires

    1
    Salomé
    Mardi 11 Octobre 2005 à 17:43
    Frisson...
    [...]
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